Un buzz mondi qui n'a pas suffi
En janvier 2026, Emmanuel Macron avait fait le tour du monde en apparaissant avec une paire de lunettes de soleil aviateur aux verres bleutés lors du forum économique de Davos, en Suisse. Le président cherchait à cacher une rougeur à l'œil provoquée par une hémorragie sous-conjonctivale. Le style «Top Gun» du chef de l'État avait alors suscité un énorme engouement, les réseaux sociaux retentissant du fameux «for sure» prononcé en anglais.
Dalloz Créations, un fleuron jurassien
Les lunettes, du modèle Pacific S01 de la marque Henry Jullien, étaient équipées de verres fabriqués par Dalloz Créations, une entreprise basée à Saint-Claude dans le Jura. Fondée en 1957 par Christian Dalloz, cette société s'était imposée comme l'un des spécialistes européens du verre solaire haut de gamme. Mais le 17 avril 2026, le tribunal de commerce de Lons-le-Saunier a prononcé la liquidation judiciaire de l'entreprise après la résolution de son plan de redressement.
29 salariés concernés
Le chiffre d'affaires de Dalloz Créations était passé de 3,795 millions d'euros en 2023 à 2,464 millions d'euros en 2025. Les 29 salariés de l'entreprise vont donc perdre leur emploi et le fonds de commerce est mis en vente. Le buzz médiatique autour des lunettes de Macron avait pourtant relancé la notoriété de la marque, mais cette visibilité n'a pas suffi à inverser la tendance. Comme l'a regretté une opticienne : «C'est dommage parce qu'on a vu ces dernières années beaucoup de fabricants français liquidés.»
Une industrie en crise
L'industrie lunetière jurassienne traverse une période difficile. Les montures concurrentes, vendues 50 % moins chères en Asie, ont porté un coup fatal à de nombreux fabricants français. Le cas de Dalloz Créations illustre le paradoxe d'un savoir-faire français reconnu mondialement mais qui peine à survivre dans un marché mondialisé. Emmanuel Macron a depuis été aperçu sans ses lunettes à l'Élysée, mettant fin au style qui avait fait le buzz.